La plupart des experts et commentateurs occidentaux, champions du politiquement correct, nous parlent de « révolutions arabes » et de « printemps arabe » depuis que des protestations populaires ont éclaté en Tunisie puis en Egypte pour s”étendre ensuite au Yémen, au Bahrein puis en Libye et enfin en Syrie.

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Dictionnaire amoureux des relations internationales. Lettre P = Printemps arabe

Certes deux régimes autoritaires auront perdu leur famille dirigeante, les Ben Ali et les Moubarak.
Beaucoup y ont vu naître la démocratie, s''éteindre les derniers feux du terrorisme et les expressions radicales de l''islam.Ils ont rapidement aussi donné tort à ceux qui pensaient que les mouvements populaires devaient inévitablement s''accompagner d''une résurgence du fondamentalisme.Curieusement des milliers de réfugiés choisissent de quitter ce « printemps » pour rejoindre l''Europe… et causent les problèmes que l''on sait à la zone Schengen.
Deux choses doivent être brièvement notées. La démocratie ne s''invente pas en un jour. C''est un procédé d''autant plus long et tortueux qu''il s''applique à des pays qui ne l''ont jamais connu ou pratiqué auparavant.Les institutions de la démocratie étaient certes partiellement en place mais leur fonctionnement avait été monopolisé ou détourné par un parti unique ou régi par des militaires.
Le Moyen-Orient devra intégrer une famille qui n''est pas la sienne (la démocratie) tout en s''efforçant de s''y adapxer avec la fragilité inhérente aux expériences nouvelles.Transférer brutalement des institutions démocratiques sans apprentissage préalable des pratiques démocratiques n''est pas sans risques.Et il ne faut pas oublier que la démocratie est l''histoire de l''invention de l''élection, de son élargissement à tous et de son perfectionnement.Or que penser de beaucoup d''élections aujourd''hui, violentes et manipulées au lieu d''être fiables et transparentes ?Les élections multipartites ne suffisent pas à faire une démocratie, il y faut aussi d''autres contre-pouvoirs : une presse écrite et d''autres médias libéralisés, une société civile ayant un impact, une Cour constitutionnelle indépendante et des alternances politiques réussies, une administration efficace…
Il faut aussi des valeurs et des obligations morales partagées par tous et profondément ancrées.La démocratie est un apprentissage permanent du savoir-vivre ensemble.Ce devrait être une éthique.Il n''y a pas de démocratie sans démocrates.
 D''autre part, rien n''est gagné. Les protestations populaires sont en effet d''un genre totalement nouveau qui relève de technologies nouvelles.Tweeter, Facebook, l''
Internet en général, les téléphones portables en particulier ont joué un rôle jusqu''ici inconnu et jamais étudié.Ces nouveaux moyens permettent de réunir des centaines de milliers de protestataires contre un régime.Ils ne constituent en rien un programme.C''est ainsi que ces révoltes populaires ont échappé aux partis d''opposition, aux syndicats, aux Frères musulmans, à des personnalités charismatiques.Traduire ces mouvements de protestation spontanés en programme politique devient une affaire très compliquée.
Et c''est là l''énorme difficulté qui attend la Tunisie et l''Egypxe en particulier : comment éviter le chaos après les protestations ?Comment éviter l''accroissement irraisonné du nombre de nouveaux partis politiques ?
 Prenons un seul exemple, celui de l''Egypxe.Les Frères musulmans, remarquablement absents de la révolte et de son organisation (ils n''ont été que spectateurs), sont dorénavant en ordre de bataille.
Pour la première fois depuis 1928, le mouvement islamiste dispose d''une vitrine politique légale : le Parti de la liberté et de la justice !La semaine dernière, son « Bureau de Guidance », et pour la première fois depuis 16 ans, a eu sa première réunion non clandestine et a décidé de  disputer prudemment près de 50% des sièges à l''Assemblée du Peuple aux législatives de sepxembre 2011.Les Frères musulmans compxent emporter 35% des sièges ce qui risque d''en faire le principal bloc parlementaire face à une opposition laïque totalement éclatée.
La « révolution » n''était pas islamiste mais les Egypxiens pourraient bien se réveiller avec les Frères musulmans en tant que force politique la plus importante du pays.Les partis laïcs seront incapables de leur tenir tête et vont continuer à se déchirer.Il y a dix jours le vice-guide suprême des Frères, Khaïrat el-Chater, s''est exprimé dans le journal Al-Masry el-Yom : « Nous préparons la formation d''un gouvernement islamique qui appliquera les principes de l''Islam ».
Printemps arabe ???
 Et puis, posons-nous la question : les révolutions arabes ont-elles ou vont-elles entraîner une augmentation de la croissance économique et l''apparition de nombreux postes de travail ?Peuvent-elles amener une amélioration sociale et des augmentations de salaire ?Qui sera à même d''engranger les bénéfices politiques de toutes ces ambitions nécessairement déçues ?Le printemps des rêves avant l''hiver des réalités ? Un diplomate Paris, le 3 mai 2011

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