…Les décisions se prennent de plus en plus aux Etats-Unis. Il y a un véritable transfert de souveraineté. Les vues du Pentagone sur la stratégie planétaire, les vues du business américain sur l’économie mondiale nous sont imposées…(Charles de Gaulle, propos recueillis par Alain Peyrefitte, 4 janvier 1963, « C’était de Gaulle ».)
- Miruță, învins de CNAIR la Curtea de Apel București
- Joe Biden a dat în judecată Departamentul de Justiție al SUA
- Patria Prima a făcut plângere penală, în baza Legii Vexler, împotriva Asociației Dexonline care a promovat online transformarea cuvântului „CREȘTIN” în „CRETIN”
- Deputații au votat interzicerea înstrăinării acțiunilor deținute de stat la companiile și societățile naționale
- Nazare, audiat ca martor în dosarul vaccinurilor anti-COVID
La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre. (François Mitterrand, propos recueillis par Georges-Marc Benamou, « Le Dernier Mitterrand ».)
l’Europe s’arrêtera de fonctionner
La guerre économique que l’Occident mène aujourd’hui à la Russie sous forme de multiples trains de sanctions (huit à ce jour) doit être reconnue comme un élément décisif de la guerre de l’OTAN en Ukraine. La réalité des affrontements économiques est une évidence. C’est le choc du monde de la finance contre celui des matières premières : «Global finance vs global energy».
Les prix du gaz et de l’électricité ont atteint en conséquence en Europe des sommets sans précédent et qui n’ont plus aucun sens (augmentation de 200 à 600%). Sans protection de l’État et des prix subventionnés, l’Europe s’arrêtera de fonctionner. C’est ainsi que les sanctions sur le gaz et le pétrole russes ont des retombées négatives sur le quotidien de chacun d’entre nous.
L’industrie exportatrice allemande qui faisait la force de ce pays, locomotive de l’Europe, a ses beaux jours derrière elle. Très énergivores, la chimie et la métallurgie allemandes subissent de plein fouet la fermeture des robinets du gaz et du pétrole russes et la flambée concomitante du prix de l’énergie. L’Allemagne sera en récession l’année prochaine comme tous les pays d’Europe (sauf la Suisse sans doute). Partout sur notre continent, des entreprises craignent pour leur survie ou ont déjà mis les clés sous la porte. Le gouvernement allemand a mis 200 milliards d’euros sur deux ans dans son plan de soutien pour aider ses entreprises à surmonter la crise énergétique. La crise énergétique menace la réindustrialisation de l’Europe, pourtant nécessaire…et urgente.
On se remémore alors les déclarations du premier Secrétaire général de l’OTAN, le Britannique Lord Hastings en 1949 : « L’OTAN est là pour garder la Russie en dehors de l’Europe, l’Amérique dedans et l’Allemagne à genoux ». Cela en prend le chemin…
Comment en est-on arrivé là
Dans ce contexte, la question se pose : une alliance militaire, l’OTAN, peut-elle cacher des intérêts économiques primordiaux et contradictoires au sein de ses membres ? Comme De Gaulle et Mitterrand le dénonçaient les « vues du business américain » entrent en compétition avec les économies européennes. Leurs intérêts propres se heurtent à la concurrence européenne.
A l’issue de la guerre 39-45, les pouvoirs en Europe ont été fortement incités à remettre leur sécurité entre les mains des Etats-Unis. Chaque chose à son prix : la compensation de cette aide d’outre-Atlantique a été de faire rentrer l’Europe dans un état de dépendance globale, monétaire d’abord (le dieu Dollar), financière et technologique, industrielle et économique. Dernier exemple en date : l’annulation du contrat du siècle pour la France (vente avortée de sous-marins français à l’Australie à l’instigation des Etats-Unis).
Un allié militaire peut correspondre à un « concurrent/ennemi » économique sans état d’âme. La très sérieuse (et très peu politiquement correcte) « École de Guerre Économique » de Paris place les Etats-Unis comme première puissance étrangère qui menace les intérêts économiques européens. Est-ce pour cette raison que les stratégies d’anticipation de Bruxelles sont inexistantes. Restons lucides : l’Union européenne vit encore sous une très forte pression géopolitique et militaire des Etats-Unis.
Le fait est que la réalité des relations entre puissances est très éloignée de l’image simplificatrice qui est donnée médiatiquement. L’Europe et les Etats-Unis, alliés géopolitiques, sont donc néanmoins des concurrents géoéconomiques. Les rapports de force qui structurent cette réalité engagent des méthodes et des moyens dont la brutalité et l’ampleur sont à la mesure de l’enjeu : garantir le leadership de sa nation sur l’autre. L’ambition étasunienne surpassant celles des autres nations dans une volonté affirmée et assumée de voir cette domination s’exercer sur l’ensemble des nations de la planète.
L’opération intra-otanienne anglo-saxonne, aidée sans doute par la Suède et le Danemark, visant à la mise hors service des oléoducs Northstream 1 et Northstream 2 ont pour principal objectif de mettre l’économie du plus important membre européen de l’OTAN, soit l’Allemagne, précisément à genoux et pour longtemps. L’alliance commerciale Allemagne-Russie-Chine qui se dessinait représentait pour la suprématie américaine le cauchemar le plus total et absolu. Cinq compagnies européennes y auront perdu près de 1 milliard d’euros chacune (Engie (France), Uniper, Wintershall (Allemagne), Shell (GB/PB) et OMV(Autriche).
Selon Zoltan Posnar, célèbre analyste du Crédit Suisse, 20 milliards de gaz russe permettaient la transformation de biens manufacturés à hauteur de 2000 milliards…Un effet levier d’un facteur 100 !!!
Il est facile de voir que dans un monde rationnel, la Russie aurait gardé ses partenaires européens et les Européens auraient conservé le moteur de leur prospérité, soit le gaz russe bon marché. Il est facile de voir aujourd’hui que la crise énergétique creuse le fossé économique entre l’Europe et les Etats-Unis. Le président Macron croit-il aux contes de fées lorsque, outré par le prix des livraisons du gaz naturel liquide américain à l’Europe, il déclare : « payer quatre fois plus le GNL que les compagnies américaines, n’est pas ce que j’appelle de l’amitié ! ». On n’a jamais maximisé ses profits sur la base de l’amitié…c’est contraire à tout esprit capitaliste !
Le Ministre français de l’économie Bruno le Maire a fait une déclaration devant l’Assemblée nationale parlementaire, passée relativement inaperçue, dans laquelle il disait notamment que les Etats-Unis ne devraient pas être autorisés à dominer le marché mondial de l’énergie alors que l’Europe souffre des conséquences du conflit en Ukraine. Il ajoutait que le conflit en Ukraine ne devait pas aboutir à une nouvelle domination économique américaine et à un affaiblissement de l’Union européenne. Réveil tardif : il aurait fallu y penser avant de se jeter tête baissée dans la mêlée. Précédemment, il avait en effet affirmé très militairement au printemps 2022 que la France était en « guerre économique » contre la Russie…
Innocence avérée ou niaiserie de sa part, il ajoutait : « l’affaiblissement économique de l’Europe n’est dans l’intérêt de personne ». Il se trompe… !
Conclusion
Le premier diplomate européen, Borrell, se réveille lui aussi et dit devant un parterre d’ambassadeurs européens : « depuis trop longtemps, la prospérité européenne a dépendu de la Chine et de la Russie, alors que la sécurité militaire a été déléguée aux États-Unis ».
Corriger cela est partiellement impossible en ce qui concerne la Chine qui possède les matières premières, les technologies appropriées et les installations de raffinage des métaux essentiels. Les coûts de reconversion ou de relocalisation en Europe seraient faramineux. Et la Russie s’est (définitivement peut-être) tournée vers l’Asie. L’Europe aura tout raté par aveuglement et de trop nombreux choix de facilité.
Nul autre que Brezinski, conseiller à la sécurité nationale du Président Carter et grand théoricien de la politique étrangère américaine, n’aura sans doute plus clairement énoncé l’enjeu que représente l’Europe pour les Etats-Unis dans sa quête de domination mondiale : L’Europe deviendrait, à terme selon lui, un des piliers vitaux d’une grande structure de sécurité et de coopération, placée sous l’égide américaine et s’étendant sur toute l’Eurasie. Surtout, l’Europe est la tête de pont géostratégique fondamentale de l’Amérique. Pour l’Amérique, les enjeux géostratégiques sur le continent Eurasien sont énormes […] L’Eurasie reste l’échiquier sur lequel se déroule la lutte pour la primauté mondiale. (cf. Brezinski Zbigniew, « Le Grand Échiquier. L’Amérique et le reste du monde », Bayard, 1997)
Depuis la fin de la Guerre froide, les enjeux de territoire ont laissé naturellement la place à des enjeux de conquête de marchés. Cette dernière peut impliquer l’utilisation de la violence, de la contrainte, et de moyens déloyaux, ou illégaux, pour protéger ou conquérir un marché, gagner ou préserver une position dominante qui permet de contrôler abusivement un marché.
Dans un Rapport d’alerte d’octobre 2021, l’Ecole de Guerre économique de Paris recense plusieurs douzaines de cas avérés de guerre économique menée par les Etats-Unis en France pratiquée par Washington, des entreprises américaines, voire des associations ou même des individus. Elle s’applique aussi bien à tous les produits et services qu’à tous les biens immatériels, comme les pensées (guerre des idées), les croyances (guerre des églises), et la connaissance (guerre cognitive), la confrontation idéologique, la conquête immatérielle et la colonisation culturelle numérique. La guerre en Ukraine illustre tous ces types d’action.
L’Union Européenne s’est vue un temps comme un centre indépendant, une puissance économique et financière (avec une monnaie censée rivaliser avec le dollar) entre les Etats-Unis et la Chine.
Les sanctions américaines et ses propres sanctions suicidaires la contraignent à rendre les derniers vestiges de sa souveraineté financière aux Etats-Unis. C’est un moment embarrassant pour elle, un moment de grand flottement, sans leadership : les sanctions vont imposer à l’Europe des années de récession. Les Etats-Unis lui ont imposé de couper son alimentation en gaz de Russie. Le LNG, le gaz liquéfié américain, peut enfin affluer en Europe à des prix prohibitifs. On est passé de 280 dollars pour mille mètres cube de gaz russe livré à l’Allemagne à un prix du marché tournant autour des 2000 dollars pour l’Europe…
La question se pose : à qui profite la guerre en Ukraine !? et qui l’a provoquée !? quelles sont ces politiques qui conduisent à la récession économique de l’Europe et à une inflation de 10% et beaucoup plus selon les secteurs ?
Une chose est certaine : la transition vers un monde multipolaire va de l’avant à marche forcée. L’histoire est ironique : l’URSS avait construit un rideau de fer pour s’isoler de l’Occident. Aujourd’hui ce sont les Occidentaux qui érigent un rideau de fer pour isoler la Russie…ainsi va un monde malade.

















































