“Populations don’t like wars…and have to be fooled into wars”. Julian Assange “Le pouvoir consiste à mettre en pièces des esprits humains et à les reconstituer dans des formes nouvelles qu’il aura choisies. Commencez-vous à entrevoir alors, le genre de monde que nous sommes en train de créer”. George Orwell, 1984 „La guerre, c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas”. Paul Valéry, Cahiers
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La démographie ukrainienne : un pays vidé de sa substance
Selon le service national des statistiques d’Ukraine, le pays a atteint son « apogée » démographique en 1992/93 au moment de l’indépendance par rapport à l’URSS avec 52,24 millions d’habitants. En 2021, l’Ukraine ne comptait plus que 41,1 millions d’habitants. Les naissances ont chuté de 630.000 en 1991 à …271.000 en 2021.
D’une part, depuis la chute de l’Union soviétique en 1991, les décès sont excédentaires sur les naissances et le bilan annuel est négatif. Il est passé de moins 39.000 habitants en 1991 à moins 442.000 habitants en 2021. D’autre part, le retour de la Crimée dans le giron de la Russie a entraîné une perte de 2,5 millions d’habitants. Mais surtout, de nombreux Ukrainiens se sont expatriés pour chercher du travail et des salaires leur permettant de vivre.
Depuis 2022 et la guerre, les choses ont empiré : il faut y ajouter la perte de la République de Lougansk et de Donetsk ce qui implique un peu plus de 3 millions d’habitants. De 41 millions d’habitants, l’Ukraine a ainsi subi une baisse qui l’amène à 38 millions. Selon les chiffres du Haut-Commissariat des Nations Unies à Genève, il y aurait plus de 8 millions de réfugiés ukrainiens en Europe à la date du 24 février 2023, sans compter ceux qui sont partis en Russie et que l’on ne compte jamais, ce qui ramène notre total à moins de 30 millions. Une bonne partie ne reviendra pas…Il faut hélas tristement déduire encore de ce montant les morts du conflit, plusieurs centaines de milliers (voir le chapitre consacré à une évaluation du nombre de morts, de blessés et d’amputés).
En trente ans exactement, l’Ukraine aura perdu près de la moitié de sa population.
Evaluation du nombre de morts, de blessés et d’amputés
Les autorités ukrainiennes cachent soigneusement leurs pertes. Si la situation réelle était connue des opinions publiques occidentales, il y aurait gros à parier que les livraisons d’armes cesseraient sur le champ. Ursula von der Leyen avait évoqué publiquement 100.000 morts ukrainiens l’année dernière. Elle avait vite été priée de se taire. Ce qu’elle fit fissa.
Le Président du Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador, a déclaré : « la politique des Etats-Unis et de l’OTAN équivaut à dire : je fournis les armes et vous fournissez les morts. C’est immoral ». La vieille Europe ne veut pas comprendre qu’aider l’Ukraine militairement, c’est tuer toujours davantage d’Ukrainiens. Nos livraisons d’armes sont en effet indirectement l’instrument par lequel les soldats ukrainiens peuvent prolonger une guerre sans espoir de jamais la gagner et continuent d’être tués. Le rapport de cause à effet est évident sauf pour les opinions publiques bernées par la propagande officielle.
Ce n’est visiblement pas le cas pour la ministre de la défense hollandaise, Kaysa Ollongren, à qui cette parfaite hypocrisie échappe visiblement : « Of course supporting Ukraine is a very cheap way to make sure that Russia with this regime is not a threat to the NATO alliance. And it is vital to continue this support. It is very much in our interest to support Ukraine because they are fighting this war”.
Peu importe le nombre de morts puisqu’ils meurent à notre place!

Ne sait-on pas que de nombreux Ukrainiens soudoient les agents recruteurs pour ne pas aller se battre et que d’autres remplissent comme jamais les universités ukrainiennes afin d’éviter d’être les nouveaux appelés et les prochains morts? Que les femmes sont aussi désormais mobilisées ? Il faut savoir qu’un combattant ukrainien qui part à l’assaut de retranchements russes n’a que quelques heures d’espérance de vie.
Tout le monde dans l’Occident global est fier de cette aide jusqu’au dernier Ukrainien vivant. Chacun se félicite d’affaiblir la Russie par Ukrainiens interposés. Comme le dit Caitlin Johnstone dans l’une de ses publications le 31 octobre 2023 : « We are ruled by sociopaths and morons ». J’ajoute: et qui ont phagocytés leurs opinions publiques comme jamais auparavant. En France encore bien davantage qu’aux Etats-Unis!
Il faut cependant activement rechercher une réponse à cette question posée en exergue. Deux indices indiquent des pertes considérables du côté ukrainien : l’Ukraine en est en effet à sa 11e mobilisation et la moyenne d’âge des troupes au front est de 43 ans …selon les informations du Général ** français Dominique Trinquand, pourtant otanien confirmé (information citée également dans un article du Time Magazine du 30 octobre 2023).
Des recherches satellitaires américaines récentes, basées sur l’extension des cimetières ukrainiens que l’observation aérienne constate, a récemment laissé filtrer une estimation proche de 450.000 morts du côté ukrainien, ce qui apparaît crédible.Une ONG ukrainienne, de son côté, a entrepris une vaste enquête téléphonique soit auprès d’individus ou de famille sur le nombre de morts dans leur entourage. Son extrapolation dépasse les 310.000. L’ONG a pu établir que 78% des Ukrainiens consultés avaient des parents et des amis morts ou blessés.
Le brouillard de la guerre n’a jamais été aussi épais qu’en Ukraine. La machine à propagande de l’Occident global fonctionne à plein temps et condamne prestement tous ceux qui s’éloignent du narratif officiel, passant de l’empire du mensonge (inutilement admis sans honte par Merkel et Hollande) aux balourdises malfaisantes. Les conséquences sont catastrophiques pour l’Ukraine. Qu’on en juge :
Les blessés représentent un multiple du nombre de morts. D’autres chiffres sont affolants, ceux des amputés par exemple: 41.000 Britanniques avaient subi une amputation pendant la Première Guerre mondiale. Moins de 2.000 vétérans américains des invasions de l’Afghanistan et de l’Irak ont subi des amputations. Des sources hospitalières ukrainiennes parlent aujourd’hui de 50.000 amputés, souvent dans des conditions atroces sans produits anesthésiants.
L’Ukraine sortira de cette guerre avec un territoire réduit et une population en partie mutilée. Le jeu en valait-il la chandelle? Boris Johnson (et les USA, cela va sans dire) porte une lourde responsabilité du fait de son chantage exercé à Kiev sur Zelensky après les négociations de l’Ukraine avec la Russie les 30 et 31 mars 2022 à Istanbul. « Vous continuez la guerre ou on vous laisse tomber…». La Russie avait alors pourtant accepté une Ukraine neutre et fédéralisée…Le carnage pouvait continuer.
Buts de guerre de l’Ukraine: entrée dans l’OTAN, adhésion à l’UE
Faire la guerre à Poutine pour entrer dans l’OTAN, seule solution possible comme l’avait théorisé Oleksiy Arestovitch, n’a pas vraiment rapproché l’Ukraine de son objectif. Force est d’admettre qu’il n’y a aucune perspective aujourd’hui pour que cela se produise.
Que dit le Conseiller à la défense nationale des Etats-Unis, Jack Sullivan: «everyone needs to look squarely at the fact that allowing Ukraine to join NATO at this point means war with Russia»… Le Secrétaire-général de l’OTAN de son côté, Jens Stoltenberg a déclaré que «the prerequisite for Ukrainian membership in NATO is a peace treaty between it and Russia». Une bonne raison pour cette dernière de ne pas consentir à des négociations de paix. Si ce n’est sur les termes imposés par Moscou.
La position de l’Ukraine s’est affaiblie, la guerre ne lui a rien apporté de positif. Washington a voulu exploiter le courage (suicidaire) des Ukrainiens pour affaiblir la Russie, revigorer l’OTAN en « mort cérébrale » (Macron) et renforcer la suprématie des Etats-Unis en Europe en affaiblissant durablement leurs économies grâce aux sanctions et en la contraignant à «booster» ses budgets militaires.

L’Ukraine d’aujourd’hui ne survit que dans une dépendance complète des Etats-Unis et de ses alliés de l’OTAN. Pour combien de temps encore ? Les signes avant-coureurs d’un prochain lâchage se font plus fréquents tous les jours, insidieusement mais sûrement.
L’animosité exacerbée entre Russes et Ukrainiens mettra des générations à se résorber. L’Ukraine a extirpé tout ce qui était russe : les locuteurs, les livres, l’église, les partis, les médias.
L’adhésion de l’Ukraine à l’UE ne se fera pas en un jour non plus. Des négociations pourront s’engager mais n’aboutiront pas avant de très nombreuses années. L’Ukraine n’est pas en état de rejoindre l’UE. Le budget de l’UE ne permet pas toutes les folies imaginées par Ursula von der Leyen et son jusqu’au boutisme otanien. Les réalités la rattraperont. En effet, sur les sept grands domaines de réformes imposés en juin 2022 à une Kiev candidate, trois continuent de faire problème : la corruption et la violence politique, le lobbying des oligarques et le respect des minorités nationales. Un très vaste programme ! Zelenski a beau jeu de dire que corruption égale trahison. Ce ne sont que des mots.
Ces difficultés sont mises en évidence par nul autre que Jean-Claude Juncker: „Anyone who has had anything to do with Ukraine knows this is a country that is corrupt at all levels of society. Despite its efforts, it is not ready for accession. It needs massive internal reform processes”. Il ajoute que „making false promises to Ukrainians regarding EU accession would be neither good for the EU nor for Ukraine”. Il se dit fâché avec ceux en Europe qui promettent à l’Ukraine une adhésion immédiate (von der Leyen et Charles Michel).
Les vieux problèmes de corruption subsistent et même se développent. Les gens volent comme s’il n’y avait pas de lendemain. Un bon tiers des livraisons d’armes et de munitions est revendu et nous allons les retrouver auprès de mafias et autres groupes armés en Europe, au Sahel et au Moyen-Orient. Qui dit cela? la patronne d’Interpol. Il en va de même d’ailleurs de l’aide humanitaire.
Or, il se trouve que depuis une quinzaine d’années, Bruxelles vante les mérites de la délocalisation de voisinage vers un grand pays situé à ses frontières, pourvu d’une main d’œuvre qualifiée et très peu onéreuse, gangrené par la corruption et ne disposant que d’un système juridique arriéré. Ce paradis des affaires de l’avenir s’appelle l’Ukraine. C’est donc un vieux projet : ancrer l’Ukraine à l’Ouest et en faire un laboratoire pour les délocalisations de voisinage.
Au terme de négociations engagées dès l’an 2000, l’accord d’association politique et d’intégration économique a été conclu entre Kiev et Bruxelles en 2014. Le traité est entré en vigueur le 1er septembre 2017. Et comprend 2135 pages que personne n’a lues, passé l’introduction. Cet accord est en fait un traité d’annexion volontaire…Les fonctionnaires bruxellois dictent à leur partenaire le cadre juridique européen jusqu’à l’obligation de légaliser le «lobbying» !
Bruxelles met Kiev en demeure de dérussifier son économie. A la lecture des 44 annexes qui détaillent les renonciations de l’Ukraine à sa souveraineté économique et sociale, les cris d’amour européens lancés à ce pays soudainement frère et modèle de démocratie, qui défend nos valeurs, apparaissent parfaitement hypocrites. L’accord d’association reflète en creux un esprit en quelque sorte parfaitement colonialiste.
L’Ukraine profite de la guerre pour accélérer des réformes ultralibérales et passer des lois qui ne respectent pas les droits les plus élémentaires des travailleurs et se moquent d’eux.
L’Ukraine fournira à l’Europe une armée de réserve industrielle à disposition des manufacturiers européens dont les sous-traitants vont envahir le pays.
En 2022, le salaire minimum mensuel ukrainien ne dépasse pas 180 euros. Selon la nouvelle législation, seules prévaudront désormais les règles fixées par l’employeur dans le contrat de travail ! Elle introduit une journée de travail de douze heures et permet aux employeurs de licencier des salariés sans justification. En août 2022, le Président Zelenski ratifiait une loi autorisant les petites et moyennes entreprises de moins de 250 salariés (70% des travailleurs ukrainiens) à ne plus appliquer le code du travail. Ovation des patrons européens qui ne saluent pas uniquement la combativité face à l’envahisseur russe…
La situation militaire
Le soutien apporté à l’Ukraine apparaît ainsi être corrélé aux progrès réalisés par l’armée ukrainienne sur le terrain. L’enlisement sur le front conduit les Américains à considérer que leur assistance militaire, de loin la plus importante, ne produit pas d’effets significatifs et devrait ainsi être réduite.
Selon l’analyse de «War Mapper», l’Ukraine a repris 50 km² de son territoire aux forces russes au cours du mois d’octobre (en reperdant quelques dizaines ailleurs sur le front). Ceci est trop peu pour amorcer un changement de dynamique.
À ce rythme, il faudrait plus de 175 ans à l’Ukraine pour reprendre le contrôle de la totalité de son territoire (source : « Le Grand Continent » du 2 novembre 2023, peu susceptible de sympathie pro-Poutine).
Le Commandant en chef de l’armée ukrainienne Zaluzhny est infiniment plus réaliste que son chef. Il vient d’admettre dans un article de l’ «Economist» du 1er novembre 2023 que l’Ukraine se trouve dans une impasse et que tous les modes d’emploi de l’OTAN n’aident en rien. Il admet que la contre-offensive est un échec. Les lignes russes n’ont pas pu être brisées.

«The New York Times» du 4 novembre 2023 souligne que les commentaires de Zaluzhny sont « une première ». Il est le premier parmi les commandants ukrainiens à admettre que les combats sont dans une impasse et combien la poursuite de la guerre est futile tant que les Alliés ne lui fournissent pas un avantage technologique rédhibitoire en matière d’armement moderne de dernière génération. « Ce qui n’arrivera pas », souligne-t-il. En effet, l’on sait que les Américains ont pris soin de vendre du matériel militaire dans une version passablement dégradée sur le plan électronique de peur qu’il ne tombe en mains russes. Ce qui est arrivé avec les «Storm Shadow» britanniques dont les Russes ont pu étudier les caractéristiques afin de les contrer désormais beaucoup plus facilement. Raytheon refuse de vendre la dernière version des «Patriot» pour la même raison.
Son désaccord avec le Président est évident. Il plaidait pour la prudence et Zelensky pour une contre-offensive à tout prix. L’armée ukrainienne a alors subi des pertes colossales en passant à la moulinette ou à travers le hachoir à viande de l’artillerie russe, comme le dit Moscou. Au contraire, l’avantage de la Russie dans ce domaine est de plus en plus marqué selon le chef de l’administration présidentielle de l’Ukraine, Andriy Ermak. Zaluzhny ajoute que les milliards d’aide militaire des USA n’ont pas été suffisants pour s’approprier une supériorité sur le champ de bataille. Même les F-16 ne seront plus efficaces, constate-t-il.
Arestovitch revendique dorénavant l’ouverture de négociations de paix en toute bonne foi en parlant de tueries sans aucun sens qui touchent les deux côtés. Il mentionne l’impossibilité pour l’Ukraine de regagner des territoires… Seul en Ukraine ou presque, Zelensky semble y croire encore, isolé au milieu de ses équipes qui commencent sérieusement à douter du bien-fondé de l’inutile et sanglant jusqu’au boutisme de leur chef traité de «delusional». C’est du Churchill à l’envers pour le comédien devenu président : «du sang et des larmes» mais sans la victoire. Il sera bientôt remplacé.
Le peuple ukrainien s’est trompé ou a été trompé. L’Europe aussi.
Les forces de défense ukrainiennes enrôlèrent en effet facilement quelque 100.000 nouvelles recrues dans les dix premiers jours de la guerre. Cela démontre que les Ukrainiens croyaient les prédictions du gouvernement selon lesquelles la guerre serait gagnée en quelques mois. Un autre membre de l’équipe Zelensky a dit au correspondant du «Time Magazine» que beaucoup croyaient signer pour un temps très court et se réjouissaient de prendre part à une victoire héroïque. Le recrutement (on en est à la onzième mobilisation…) est aujourd’hui devenu difficile au point où des hommes se font extirper de trains ou de bus et envoyés de force au front.
Citons un fantassin qui se bat entre Robotyne et Verbove. Il dit que «les plaines de Zaporizhia ont tourné le dos à la vie. C’est l’enfer. Des cadavres (qu’on ne ramasse plus sous les attaques de drones), l’odeur des cadavres, la mort, le sang, la peur. Pas une once de vie, juste la puanteur de la mort». Voulons-nous vraiment livrer encore davantage d’armes… pour d’autres descriptions comme celle-là ? Voulons-nous encore augmenter l’âge moyen des soldats sur le front ? La guerre de l’OTAN à la Russie par morts ukrainiens interposés a abouti à l’anéantissement de plusieurs générations en Ukraine.

L’économie
Derrière la future reconstruction se cache déjà une rivalité entre l’UE et les Etats-Unis. Aider l’Ukraine à bâtir la paix veut AUSSI dire se partager le marché ukrainien.
De nombreuses firmes américaines ont déjà signé des accords (dont les richissimes Blackrock, Monsanto, JP Morgan, etc) sur l’acquisition de terres agricoles, Nestlé vient de passer un accord sur une usine de production dans l’Ouest de l’Ukraine…etc., etc. Les discussions vont bon train avec des centaines d’entreprises pour discuter d’investissements dans les infrastructures, la technologie et le digital, la santé, l’énergie et l’agroalimentaire. Que dit l’Élysée : «l’idée n’est pas de se partager le marché ukrainien en parts plus ou moins égales entre l’Europe et les Etats-Unis. Les besoins sont et vont être tellement massifs qu’il faut que chacun puisse se mobiliser à la hauteur de ses capacités» … La plus grande ruse du diable est de faire croire qu’il n’existe pas, dit-on !
Un journaliste américain, Eamon McKinney a écrit en août 2022 un article intitulé «Le pillage programmé de l’Ukraine» dans lequel il décrit la compétition des différents «vautours» occidentaux autour des dépouilles de l’Ukraine. Les pouvoirs financiers occidentaux s’apprêtent à profiter de toutes ces dévastations et vont se répartir ce qui va rester de la carcasse ukrainienne réduite en cendres par des bombardements russes. La même thérapie de choc que la Russie a subie à la chute de l’URSS sera appliquée à l’Ukraine : privatisation des biens de l’État, réforme des lois du travail, réforme agraire, vente des terres agricoles et d’autres biens industriels aux investisseurs étrangers. Autrement dit le viol de l’Ukraine et l’imposition d’un État sous la coupe d’entreprises soutenues ou dirigées par l’Occident.
De toutes les manières, les bénéfices que les États-Unis et l’Europe vont engranger en Ukraine de par leurs investissements dépasseront de loin les coûts du soutien consentis jusqu’ici.
L’Ukraine mettra des générations à repayer ses emprunts. Elle n’a plus de quoi payer ses fonctionnaires et couvrir son budget de fonctionnement. Elle vit d’expédients en provenance de l’étranger (USA, UE et FMI).
L’agriculture et l’écologie
L’agriculture est un pilier économique pour l’Ukraine, un acteur majeur sur les marchés internationaux des céréales (41% des exportations et 9% du PIB). Or les agriculteurs sont en première ligne de la guerre : les colonnes de chars ont broyé leur récolte, les combats ont pulvérisé leurs installations, démoli les infrastructures, les terres sont contaminées par les mines, les produits finis détruits ou pillés. Les pertes se chiffrent en dizaine de milliards de dollars. La FAO affirme que 90% des entreprises agricoles ont subi des pertes. Les agriculteurs font face à la flambée des coûts de transport, des coûts de production de l’élevage (+ 64%) et des cultures (+72%). En 2023, les terres ensemencées en céréales devraient chuter de 16 à 10 millions d’hectares. L’agriculture ukrainienne est dévastée.

La guerre va causer de plus des dommages à long terme aux sols ukrainiens. Une partie du territoire sera même impropre à l’usage agricole: nids-de-poule, tonnes de ferraille en décomposition, déchets cancérigènes, métaux lourds et produits chimiques. Les substances nocives des explosions polluent l’air mais pas seulement. Elles reviennent sous forme de précipitations et s’accumulent dans le sol entraînant sa toxicité. Le souffre contenu dans les munitions mute en acide sulfurique au contact de la pluie et brûle des millions d’organisme vivants dans la couche supérieure des sols. L’on est témoin d’un véritable désastre environnemental.
Le Président
Au-delà de la corruption toujours endémique, la démocratie en Ukraine a du plomb dans l’aile.
Le président Zelensky a été désigné par la Revue « Time » « homme politique de l’année » en 2022. Il a été moqué comme comédien et admiré sur le tard dès le 24 février 2022. Il incarnait jusqu’à présent le courage contagieux d’un homme qui permet à son peuple de résister à l’invasion russe. Mais Zelensky est tout sauf une page blanche.
Il a instauré un régime de fer, ignoré des Européens. Rinat Akhmetov, l’homme le plus riche d’Ukraine avant la guerre, a déclaré que Zelensky s’était emparé du pouvoir, de tous les pouvoirs, sous couvert de la réforme.
Alors qui est-il ?
En 2019, Volodymyr Zelensky a été élu après avoir incarné dans la série télévisée «Serviteur du Peuple», un Président fictif, incorruptible, luttant contre les oligarques et les forces de l’argent.

Zelensky s’est fait élire en 2019 avec 73% des voix sur un programme sans concession : lutte contre la corruption, contre les inégalités, la fin du système oligarchique…Il avait réussi à incarner un espoir de changement. La paix dans le Donbass était l’autre priorité. Rien de tout cela n’a connu un début de commencement de réalisation.
Au contraire, son armée a tué plus de 14.000 Ukrainiens russes de 2019 au 24 février 2022 (victimes civiles de l’armée ukrainienne tirant sur sa propre population). L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), située à Vienne, avait rapporté effectivement près de 14.000 morts par bombardement et assassinats dans les Oblasts peuplés d’Ukrainiens parlant le russe. Ce sont des rapports des missions d’observation sur place de l’OSCE, des sources ultra-fiables. C’est en fait la raison essentielle de l’opération militaire spéciale de Vladimir Poutine, ce que personne ne veut admettre. Pour rappel, 8096 explosions avaient été registrées en janvier 2022 par l’OSCE et 1400 obus tirés pour le seul 19 février sur le Donbass.
Des assassinats d’opposants politiques ont eu lieu sans que l’on sache qui les a commis. Certains ont été enlevés, ont disparu ou ont été exécutés dans la rue aux yeux de tous tout comme des journalistes et des élus de l’opposition. Ces meurtres ont rythmé la guerre civile depuis 2014. Les 12 partis d’opposition ont été interdits un à un, le dernier le 22 octobre 2022.
Le négociateur officiel des Ukrainiens russes vivants dans l’Est de l’Ukraine, Denis Kireev, a été tué en pleine rue à son retour de Kiev le 6 mars 2022. Il avait osé évoquer les liens historiques entre Kiev et Moscou. Les dirigeants politiques ukrainiens affirment que le pays doit être épuré. Toute personne porteuse de culture russe ou qui admet la valeur de cette culture doit disparaître.
Écoutons le no 2 du régime en personne, Oleksiy Danilov après que son Chef Zelensky a signé un décret le 4 octobre 2022 interdisant toute négociation de paix avec la Russie. Il déclare ceci le 1er décembre 2022 en appelant à la « destruction de la Russie » : « Ils ont juste besoin d’être détruits pour qu’ils cessent d’exister en tant que pays, à l’intérieur des frontières dans lesquelles ils existent maintenant. Ce ne sont que des Barbares. » Voilà à qui l’on a à faire : Zelensky et Danilov ont deux visages. Chez eux, ce sont de véritables psychopathes. A l’étranger, de gentils innocents.
Un autre exemple des politiques en cours : les Accords de Minsk II du 12 février 2015 indiquaient que les régions du Donbass devaient pouvoir déterminer elles-mêmes leur langue officielle. Le 21 octobre 2022, Danilov déclare. « La langue russe devrait disparaître complétement de notre territoire en tant qu’élément de propagande hostile et de lavage du cerveau pour notre population ». Et il ajoute : «nous ne retenons personne».
Zelensky contrôle tous les médias, l’audiovisuel et internet. Tous les médias ont été purgés et sont sous étroite surveillance. De nombreux collaborateurs de la télévision ont été renvoyés «dans leurs marécages où ils peuvent croasser en langue russe» dit Danilov.
Zelensky a fait interdire la langue russe comme support écrit dans son pays. L’Institut du livre ukrainien a fait détruire cent millions de livres en russe (tous les livres d’auteurs russes Tolstoï, Pouchkine, les livres de cuisine et de couture, tous les imprimés en langue russe ou les livres imprimés en Russie). N’avez-vous jamais entendu qui que ce soit relever ce fol holocauste de papier, sans doute unique au monde par sa stupidité et son ampleur?
De nombreux biens d’oligarques ont été confisqués (86 citoyens possédant au mois 80 millions de dollars participant à la vie politique et exerçant une grande influence sur les médias), leurs usines nationalisées sans compensation, les biens des investisseurs et sociétés russes (au nombre de 4000) nationalisés sans indemnités (pillage sans vergogne), et enfin l’Église orthodoxe russe interdite d’opérer en Ukraine dès le 1er décembre 2022.
De nombreuses procédures pénales ont été ouvertes contre d’anciens responsables de l’État. L’épuration n’épargne personne, même pas l’ancien Président Petro Porochenko. De nombreux civils sont arrêtés par les Services de Sécurité de l’État accusés d’avoir collaborés avec les Russes.
Très récemment dans «Die Welt», l’ancien ministre de l’intérieur et ancien procureur général de l’Ukraine, Yuriy Lutsenko, regrette que personne dans son pays n’ose plus parler de la réalité. La réalité, dit-il, est que dans un pays supposément démocratique, Zelensky gouverne comme un autocrate qui prend seul les décisions. Il ajoute que les libertés d’opinion et de presse ont été sérieusement bridées tout comme le simple débat politique. Bien des personnalités sont en fait interdites de télévision. Beaucoup s’inquiètent de son caractère de plus en plus messianique, voire hystérique. Un sondage d’opinion de l’USAID commandé par « the International Republican Institute » (organisation politique située à Washington et financée par le gouvernement fédéral américain) a établi que le taux d’approbation du Président est descendu de 58% en avril à 42% aujourd’hui. Zelensky n’est plus majoritaire dans son pays…Il a repoussé les élections législatives et présidentielles de 2024 sine die à cause de la guerre, mais certains (Washington ?) voudraient que les élections présidentielles aient précisément lieu afin de s’en débarrasser «élégamment». Nous n’avons pas fini d’entendre tout et son contraire à leur propos.
Les conflits internes se multiplient en Ukraine autour de la corruption rampante, de la mobilisation «équitable» et de la gouvernance démocratique. L’assistant de Zaluzhny, le major Hennadiy Chastyakov, est mort en ouvrant l’un de ses cadeaux d’anniversaire qui lui a explosé au visage. Le général de division Viktor Khorenko, commandant des forces d’opérations spéciales a été limogé et Zaluzhny n’en savait rien…des signes évidents de conflit entre les ailes politiques et militaires de l’Ukraine.
Conclusion
L’Ukraine d’avant l’arrivée au pouvoir de Zelinsky a vécu. Elle devra renoncer définitivement à la Crimée, aux deux Républiques du Donbass, aux oblasts de Kherson et de Zaporijjia et à rejoindre l’OTAN. Elle attendra longtemps son entrée à l’UE comme membre de plein droit.
Le prix à payer est terriblement élevé en victimes et en destruction de son infrastructure (installations ferroviaires et électriques dont 40% de la production électrique du pays et la moitié du parc nucléaire ukrainien avec la perte de Zaporijja.). L’accès à la Mer d’Azov est acté. La défaite de l’OTAN est consommée ou c’est tout comme.
Zelensky clame toujours vouloir la restauration complète de l’intégrité territoriale de son pays et de sa souveraineté. Mais, comme on l’a vu, les critiques se font jour en Ukraine même où il n’est plus aussi populaire après la sanglante défaite de Bakhmout (résistance conduite contre l’avis de son état-major). Il sera remplacé à terme lors d’élections (s’il y en a…) ou évincé par ses militaires.
Entretemps, il poursuivra la guerre sur la ligne anglo-américaine jusqu’au dernier Ukrainien, ce qui est totalement vain et sot. Il a perdu selon ses propres termes 20% du territoire. Cela fait 125.000 km2…soit quatre fois la Belgique. S’il continue ainsi, il perdra Odessa et l’accès à la Mer Noire. Il est grand temps de revenir à des fondamentaux plus réalistes. Mais sa foi est inébranlable à la limite de l’ossification. Qui osera lui dire que selon «Forbes». il a perdu 12 chars Leopard ces derniers 15 jours soit 20% du total. L’aviation ukrainienne a eu aussi à essuyer des pertes sévères soit 24 chasseurs MIG-29 en octobre. Dans le silence d’un monde fixé sur le Moyen-Orient, Zelensky subit des revers et des critiques à l’interne.
Sur un certain nombre de ses blogs dont Twitter (X), Oleksii Arestovitch, l’ancien chef d’état-major de Zelensky, le décrit comme un « dictateur » éloigné des réalités depuis le début de l’opération militaire spéciale russe en février 2022. Il le voit aussi comme initiateur d’une corruption massive et propagateur de haine contre toute opinion autre que la sienne. Mais l’automne est arrivé, dit-il, à la fois dans ses relations avec l’Occident et dans ses relations avec le peuple ukrainien. Il peut nier la réalité mais ne peut pas s’en débarrasser. Zelensky a dit récemment: « Nobody believes in our victory like I do. Nobody”. C’est un signe d’isolation et d’un dictateur abandonné de tous, nous dit Arestovitch en réponse à un article de Simon Shuster dans le « Time Magazine » daté du 30 octobre. Zelensky a d’ailleurs passé un décret interdisant toute négociation de paix de l’Ukraine avec la Russie de Poutine. Arestovitch rappelle que tous les dictateurs dont la fantaisie les a éloignés de la réalité et coupés de leurs collaborateurs et principaux conseillers finissent de la même manière. On devine laquelle. Personne n’ose lui dire la vérité aujourd’hui.
Simon Shuster décrit un Zelensky se sentant trahi par l’Amérique et ses alliés qui lui ont juste permis de résister mais pas de vaincre… ». « Les Alliés se sont habitués à la guerre, dit Zelensky, et puis une vague de fatigue les a emportés ». « Ils se sont peu à peu sentis fatigués, ajoute-t-il, et tout est devenu un show pour eux ». Toutefois, il prétend que Kiev est opposé à tout cessez-le-feu, une déclaration critiquée par ses généraux qui admettent l’échec total de la contre-offensive de l’été 2023. La situation est désespérée et l’Ukraine n’est plus en mesure de rassembler une armée bien préparée comme avant l’offensive de l’été 2023.
Arestovitch conclut son tweet en écrivant que l’article de Shuster condamne Zelenski à l’isolement et au jugement de l’histoire. « He has no one to blame but himself ». Voilà qui sent le roussi…. Non seulement l’Ukraine se trouve de plus en plus isolée mais l’âge moyen du soldat ukrainien (43 ans, comme indiqué plus haut, et pas tous en bonne santé comme le souligne un aide de Zelensky) démontre à quel point les ressources sont totalement épuisées.
Ajoutons encore une déclaration du commandant des forces armées ukrainiennes, Dmitry Kukharchuk, dans une interview avec Channel Five, le 30 octobre 2023 : « l’Ukraine est en train de perdre sa guerre contre la Fédération de Russie en raison de la perception inadéquate de la situation par la société ». « Nous leur avons dit que la victoire serait acquise en quelques mois… qu’en été 2022, nous irions nous baigner en Crimée… que l’armée russe ne savait pas se battre…Nous avons brisé leur vision de la réalité… ». « Ça ne s’est pas produit… ». Un des proches collaborateurs de Zelensky déclare que des commandants de première ligne refusent les ordres d’avancer et tiennent la ligne dans leurs tranchées…où sont les hommes, où sont les armes, où est l’artillerie, demandent-ils ?
Fin de partie. La guerre est perdue pour l’Ukraine, Zelensky va devoir s’en aller. La Maison Blanche a échoué et ira faire la guerre ailleurs. Ce ne serait pas la première fois !
La lecture d’Orwell m’a apporté une citation qui est devenue ma devise : « dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire ». Voltaire est aussi une source inépuisable de sagesse : « lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable ». Terminons par un message d’espoir repris d’Abraham Lincoln : « On peut tromper une partie du peuple un certain temps, on peut tromper une partie du peuple tout le temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ».

















































